Charte Ethique

article 1 : hypnose et conscience

Dans une culture où la distinction classique entre « image » et « fait », entre « virtuel » et « réel », est de moins en moins évidente, le signataire s’engage à favoriser une « pédagogie de l’image » destinée à assurer au plus grand nombre la maîtrise toujours plus grande d’un monde saturé de symboles, d’images et de suggestions plus ou moins manipulatrices.

 article 2 : clause de conscience

Le signataire refuse d’intervenir dans tous les cas où l’intérêt d’autrui lui apparaît menacé, à travers une perte d’autonomie en particulier. Le signataire refuse toute intervention susceptible de favoriser l’assujettissement d’un individu à un groupe ou à une idéologie, quelques valeureuses qu’en apparaissent les finalités. Contrairement à certaines disciplines telles que la publicité, le marchandising, la mercatique ou à certains égards le management, le praticien de la PNL et de l’hypnose éricksonienne ne peut soumettre la personne humaine à un objectif qui lui serait étranger et qui le transformerait en simple moyen d’une politique commerciale, financière ou de commandement. A ce titre, il se réserve le droit de retrait dans toute intervention à laquelle il se serait engagé en faisant jouer cette clause de conscience

 article 3 : respect des droits humains fondamentaux, de la diversité, des équilibres écologiques

Le signataire refuse, dans le cadre de la définition d’un objectif à atteindre, de favoriser l’expression de toute forme de racisme ou de volonté de puissance. Il rejette toute doctrine tendant à nier ou à restreindre la diversité biologique, la diversité culturelle ou la diversité psychologique. Pareillement, il condamne toute philosophie mettant en cause la dimension terrestre de la liberté humaine.
La perspective originale quant à la définition de l’inconscient du psychothérapeute éricksonien le rend particulièrement respectueux dans l’observance de ces règles.

 article 4 : juste rapport au sujet en psychothérapie

Le signataire refuse une psychothérapie impliquant « la position haute » du thérapeute. Le signataire considère toute personne comme hypnotisable, l’échec de cette approche signifiant non pas un phénomène de résistance du sujet mais la nécessité pour le thérapeute de réviser sa démarche.

 article 5 : transparence et débat

Le signataire, sous réserve du respect du secret professionnel et de l’intérêt des tiers, ne peut s’exonérer d’un souci de transparence et du devoir d’éclairer le public sur la nature de sa discipline en refusant le débat. Il évite que ses travaux et ses recherches ne se confidentialisent et par conséquent se pervertissent

Philosophie

 article 6 : Philosophie du changement et recadrage des situations.

Le signataire se définit comme représentant, à la fois praticien et promoteur, d’une « philosophie du changement ». La « philosophie du changement » en psychothérapie implique principalement la recherche permanente du recadrage des situations psychologiques. Le recadrage équivaut le plus souvent à la simple redéfinition du problème pratique; il est antinomique d’un enfermement aliénant du sujet à des préconçus idéologiques.

 article 7 : Catégories du conscient et de l’inconscient

Le signataire refuse tout assujettissement à un courant de pensée ou à une doctrine psychologique accordant à l’inconscient un statut ontologique inférieur à celui du conscient. La raison étant que le signataire ne juge pas a priori pertinente ou opérationnelle la répartition des processus psychologiques à partir des deux catégories du conscient et de l’inconscient. Il lui préfère une qualification des phénomènes psychologiques en fonction de processus dynamiques et multiples qu’il observe, qui sont autant de rapports différents entre le corps comme réalité extérieure et le psychisme comme lieu de représentations mentales. Le signataire considère qu’il y a le plus souvent continuité entre ces deux réalités et non pas une différence de nature. Le corps manifeste le plus souvent, amplifie parfois, un fait représentationnel.

 article 8 : Unité dynamique du représentationnel et du corporel

Le signataire considère que c’est à l’aune de cette conception que doit être comprise l’utilisation de l’hypnose comme le seul instrument susceptible d’une action simultanée dans le champ du représentationnel et dans le champ du corporel.

 article 9 : Hypnose et spectacle

En aucun cas, l’hypnose ne peut être utilisée pour la recherche d’un effet extérieur, spectaculaire ou de manipulation.

 article 10 : Une vision positive de l’inconscient

Le signataire appelle « inconscient » le topos, le point d’irradiation de toutes les ressources psychologiques où peuvent se renouveler ou se fortifier à la fois les représentations mentales et les manifestations corporelles qui leur sont associées. L’inconscient ainsi défini devient le principal matériau et outil à partir duquel une psychothérapie peut être entreprise. La psychothérapie n’impose aucun schéma a priori mais problématise ses interventions en fonction des réponses ou des sollicitations produites par ce « lieu-ressources » et observées par le psychothérapeute.

 article 11 : Recherche de l’autonomie des publics de l’hypnose

Le signataire, sous réserve du respect du secret professionnel et de l’intérêt des tiers, ne peut s’exonérer d’un souci de transparence et du devoir d’éclairer le public sur la nature de sa discipline en refusant le débat. Il évite que ses travaux et ses recherches ne se confidentialisent et par conséquent se pervertissent

 article 12 : Une conception ouverte de la temporalité

Le signataire, sous réserve du respect du secret professionnel et de l’intérêt des tiers, ne peut s’exonérer d’un souci de transparence et du devoir d’éclairer le public sur la nature de sa discipline en refusant le débat. Il évite que ses travaux et ses recherches ne se confidentialisent et par conséquent se pervertissent

 article 13 : L’hypnose éricksonienne comme art

Le signataire, sous réserve du respect du secret professionnel et de l’intérêt des tiers, ne peut s’exonérer d’un souci de transparence et du devoir d’éclairer le public sur la nature de sa discipline en refusant le débat. Il évite que ses travaux et ses recherches ne se confidentialisent et par conséquent se pervertissent

Pratique d’un Art

 article 14 : Une approche pragmatique

Le psychothérapeute éricksonnien privilégie la dimension pratique de son art sur toute forme de spéculation intellectuelle; il privilégie le « comment » sur le « pourquoi », le repérage d’un schème psychocorporel nouveau sur toute projection d’une idéologie uniforme quel que soit l’individu. Cependant, il s’efforce de formaliser l’ensemble de ses expériences dans des termes accessibles au plus grand nombre.
Dans sa pratique psychothérapeutique, le signataire supprime le symptôme tout en veillant à ne pas laisser émerger un symptôme substitutif.

 article 15 : devoir de confidentialité et de discrétion

Le signataire s’engage, en dehors de son travail d’enseignement ou de recherche, à respecter scrupuleusement le devoir de confidentialité vis à vis des personnes qui le consultent.
Le signataire considère davantage une dynamique psychocorporelle, un phénomène représentationnel ou un symptôme plutôt qu’un contenu événementiel précis dont le récit rendrait opaque toute véritable intervention en faveur du changement. Le contenu informatif sur l’intimité, l’historicité ou même, dans certains cas bien spécifiques, sur l’objectif du sujet n’a pas d’intérêt majeur et peut même se traduire par une forme de viol.

 article 16 : « Programmer le changement »

Sous le rapport à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), le psychothérapeute ne soustrait pas un « programme », un « schéma » entretenu par l’individu. Il en propose d’autres. A titre d’exemple, il ne suggèrera pas au sujet de ne plus être dépressif mais de devenir tel qu’il désire être. L’hypnose ajoute des possibilités.

 article 17 : Hypnose et art-thérapie

Le signataire considérant sa pratique comme un art aura volontiers recours à des disciplines voisines telles que le théâtre, les arts plastiques ou la musique.
La recherche pragmatique de l’efficacité sur toute forme de spéculation intellectuelle participe d’une large indifférence du praticien signataire de la présente charte à toute forme de posture mondaine. Les quolibets auxquels est susceptible de l’exposer le caractère imprévisible de certaines techniques employées ne doivent en aucun cas le détourner de cet objectif de résultat. En aucun cas, le signataire ne peut arguer de l’appartenance à l’ARCHE pour s’attribuer une quelconque autorité lui permettant de qualifier idéologiquement l’association comme appartenant à tel ou tel courant.
L’hypnose éricksonienne ne peut pas être considérée, quel que soit le caractère surprenant de certains de ses résultats, comme relevant de la magie dans le sens habituel accordé à ce terme.

 article 18 : Hypnose et congruence, la juste attitude

Le psychothérapeute signataire ne se préoccupe ni de sa propre image, ni de se conformer aux attentes convenues d’un sujet. Il veille à ce que ses propres croyances n’interfèrent pas dans sa pratique professionnelle. Il affiche une neutralité bienveillante. Il fonde ses pratiques sur un optimisme dans les processus de changement, dans les capacités d’adaptation des personnes, dans les réponses susceptibles d’être élaborées par l’inconscient, dans l’émergence de solutions destinées à supprimer des symptômes ou à accroître l’autonomie des personnes.
La rigidité mentale constitue un obstacle à l’exercice de l’art du changement par l’hypnose éricksonienne. Le signataire doit en particulier développer la « congruence », autrement dit son aptitude à être « fluide » et à se rendre plastique au langage de l’inconscient et à pouvoir « dialoguer » avec ce dernier pour en faire surgir la solution. Il s’agit plus d’une posture que d’un instrument. Tout comme l’attitude calme, l’indifférence ou l’attention orientée, la congruence est un certain rapport à l’autre. Par la congruence, le pratiquant de l’hypnose facilite ses interventions.

 article 19 : Fixation de l’objectif, recherche de solutions

Dans le domaine de la thérapie, toute intervention du signataire est orientée vers une solution pratique et polarisée par un objectif précis.
L’attitude du signataire en tant que thérapeute doit se traduire à l’égard des sujets comme une « neutralité bienveillante » et extrêmement positive. Les émotions positives du patient, sa propre valorisation mesurée seront recherchées prioritairement. Il s’agit d’encourager les émotions agréables associées à une représentation optimiste susceptible de produire plus facilement la solution pratique recherchée.

 article 20 : Technique de programmation et autonomie

L’emploi de techniques de programmation en hypnose ne présume en rien d’une approche mécaniste ou déterministe de l’esprit de l’homme. L’on ne peut inférer de l’emploi de codes psychocorporels, en particulier afin de provoquer une transe hypnotique, une définition strictement neurologique, cérébrale ou endocrinienne de ses supports d’intervention chez le sujet.

 article 21 : Autonomie de la discipline par rapport aux autres arts

L’hypnose éricksonienne définit ses concepts, ses méthodes, ses objectifs, ses savoirs et ses savoir-faire comme rigoureusement distincts de ceux propres à d’autres disciplines même si leurs objets pratiques peuvent apparaître identiques. Elle se distingue en particulier de l’art du spectacle, de l’art oratoire et de l’art médical. De même qu’un psychanalyste jungien, freudien, ou lacanien ne considère pas que sa discipline dérive d’une certaine forme de médecine. Réciproquement, il est exclu de faire dériver les autres arts des connaissances acquises en hypnose éricksonienne. Tout en favorisant cependant une meilleure efficacité par la relation féconde entre eux de ces arts distincts.
Le signataire favorise cependant, dans le cadre de travaux de recherche, le croisement et la complémentarité de ses connaissances et de ses résultats avec ceux d’autres disciplines. C’est sur cette distinction que peut être compris l’intérêt de la discipline de l’hypnose éricksonnienne en tant que psychothérapie. La qualité de manager ou celle de médecin du signataire ne dispense en rien ce dernier de respecter cette distinction dans la pratique de son art.